2008 : année géostratégique
2008 : année géostratégique ? Sans aucun doute. Il y a d’abord les tensions sur les marchés pétroliers et des matières premières, le développement et le rôle croissant des fonds souverains. Il y a ensuite la crise géorgienne et le vide stratégique qu’elle démontre sur le continent européen.
Recrudescence aussi de la piraterie, naissance de nouvelles organisations se réclamant du jihadisme. Selon la terminologie développée par Thierry de Montbrial, on se trouve bien en face de l’apparition et du renforcement de "nouvelles unités actives". Elles se développent d’autant plus vigoureusement qu’elles prennent les Etats, les institutions internationales et les réseaux établis à contre-pied, jouent le jeu d’une autre manière, développent des stratégie de rupture
Ces stratégies marquent les territoires, faussent les calculs du risque-pays, déplacent les limites de l’espace maîtrisé. les "zones blanches", les nouvelles Terrae Incognitae définies par Jean Christophe Rufin s’élargissent. Ces unités actives changent la mondialisation : la violence, la politique disputent aux acteurs classiques du marché l’organisation des flux, la gestion des rentes, la maîtrise des territoires.
Cette situation rend nécessaire l’approfondissement théorique des intuitions de la géopolitique, le décryptage plus précis des logiques d’acteurs et de leurs contraintes : nécessité dès lors d’un passage à l’analyse stratégique et géostratégique de leur action. Cette situation rend aussi indispensable une réévaluation des forces qui structurent les territoires, les flux et les effets de domination. Le temps des Etats n’est pas révolu par l’abolition des frontières et la mondialisation, mais par l’apparition de nouveaux pouvoirs qui ont leur logique propre et avec lesquels ils doivent désormais compter. Une relecture géostratégique des territoires est plus nécessaire que jamais, avec l’érosion du contrôle étatique sur ceux-ci et sur les flux économiques.
Analyse des stratégie d’acteurs, étude de leur impact sur les territoires, voici le projet d’une géostatégie renouvelée, moins centrée sur la seule observation des stratégies développées par les appareils militaires et diplomatiques des grands Etats.
Voici pourquoi le Centre de géostratégie travaille cette année sur :
- l’approfondissement des méthodes d’analyse de la géographie politique, de la géopolitique et de la géostratégie
- la nouvelle géopolitique des marchés financiers
-l’application des nouveaux jeux d’acteurs à des espaces de grande complexité comme le Moyen-Orient.
-la capacité de l’Union européenne et de ses Etats membres à influencer l’évolution des territoires à sa périphérie immédiate.
Bienvenus à nos cours, nos séminaires, nos conférences. Bienvenus dans un débat géostratégique en plein renouvellement.